
Organiser un débat à l’occasion du deuxième tour de l’élection présidentielle entre un candidat retenu lors du premier tour et un autre évincé est-il inconstitutionnel ?
C’est en tout cas la problématique très concrète qui se pose à propos d’une rencontre télévisuelle – pour l’instant potentielle – entre Ségolène Royal et François Bayrou. L’un retenu au premier tour, l’autre qui en est donc exclu.
Évènement curieux car dans toute l’histoire de la Vème République jamais le « fameux » débat télévisuel, aujourd’hui considéré comme un acquis démocratique, n’aura fait se rencontrer d’autres candidats que les deux vainqueurs du premier tour. Existe-t-il pour autant un cadre juridique et constitutionnel qui interdirait toute innovation en la matière ? Autrement dit, en droit, peut-on accepter un « second » débat dans cette période d’entre deux tours ? A priori rien ne l’interdit. - Evidemment la tenue du débat présidentiel pourrait être considérée comme obligatoire au sens où il constituerait une certaine « coutume constitutionnelle ». Ce qui supposerait alors la rencontre des deux éléments de la règle coutumière, l’un matériel, l’autre psychologique. Le premier est dit matériel en ce sens qu’il correspond à la répétition d’un usage dans la durée. Est coutume ce qui est ancré dans une pratique ancienne et répétée. L’appréciation du caractère ancien est évidemment relative mais on peut dire, sans trop d’hésitation, qu’une pratique qui dure depuis plus de trente ans est manifestement une pratique que l’on pourrait qualifier d’« ancienne ». Quant à l’absence de débat en 2002, elle n’est finalement qu’une exception qui a été globalement considérée comme justifiée en raison du particularisme évident de la situation. Exception qui confirme donc la règle. Concernant le second élément, il est dit psychologique en ce qu’il caractérise une croyance dans le caractère obligatoire de la règle coutumière. Est coutume ce qui est considéré comme contraignant. Or il y a sans doute dans l’insondable opinion publique la conviction un peu diffuse de la nécessité d’un tel débat. Peut-être même un sentiment d’obligation. En définitive, l’idée de coutume constitutionnelle pourrait donc se défendre assez légitimement. Cela implique-t-il pour autant l’interdiction d’un deuxième débat ? Apparemment non. - Car constitutionnellement rien n’interdit la discussion, qu’elle soit télévisée ou non, entre un candidat déchu et l’un des prétendants au second tour. Mieux, le principe constitutionnel de « sincérité » du scrutin pourrait même justifier que soit tenu un tel débat. Il permettrait en effet de faire circuler les idées, d’entretenir la discussion, et finalement d’éclairer le choix des électeurs. C’est sur ces bases que se forme généralement une expression parfaitement libre et loyale du corps électoral. Tout débat conduit donc, assez naturellement, à une élection plus « claire » et plus « sincère ». A la condition, évidemment, et si le débat est télévisé, qu’il se déroule dans le cadre des règles fixées par le CSA. En tout cas, cette controverse aura au moins eu un avantage : permettre un débat sur le débat ! Fanny Malhiere





Non, ce n’est pas (exactement) le titre du nouveau spectacle de Robert Hossein. Mais une interrogation aussi simple qu’un traité simplifié : le peuple a-t-il toujours raison ? Selon l’actualité, pas toujours apparemment.
Cette question souvent posée à l’approche d’élections n’a habituellement aucun sens. Elle induit, en effet, la notion absurde de "bon" et "mauvais" vote. Evidemment, l’expression de chaque suffrage est importante car elle permet de conférer une plus grande légitimité au vainqueur de l’élection. Néanmoins, cette question reprend tout son intérêt avec l’utilisation des « machines à voter » pour les élections.
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